Les éditions Inpes

Les minorités sexuelles face au risque suicidaire

Août 2014

Depuis la fi n des années 1990 (aux États-Unis, puis dans d’autres pays dont la France), les enquêtes les plus probantes ont mis en évidence un risque suicidaire plus élevé parmi les jeunes des minorités sexuelles – gays, lesbiennes, bisexuel(le)s, transgenres – et ceux qui se questionnent sur leur identité sexuelle ou de genre. L’homophobie est aujourd’hui le facteur de risque le mieux identifié pour comprendre cette sursuicidalité.
Les phénomènes d’exclusion, de mépris et de stigmatisation peuvent provoquer une perte d’estime de soi, une perte de confiance dans l’avenir et les autres. Le soupçon de non-conformité de genre – qui peut toucher tout jeune, indépendamment de son orientation sexuelle effective – conduit également souvent la personne qui le subit à une grande détresse qui favorise les symptômes suicidaires.

Il existe aujourd’hui en France de nombreuses initiatives de prévention de l’homophobie et du risque suicidaire. Au niveau national, le gouvernement a initié en 2012 un vaste programme d’actions contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, qui mobilise plusieurs ministères et s’attache particulièrement à la prévention des risques pour les jeunes LGBTQ. D’autres pistes d’actions, parfois inspirées d’exemples étrangers, pourraient être proposées : développer des équipes d’intervention mobiles, des lieux d’accueil pour les jeunes LGBTQ sans foyer, des groupes de soutien aux proches des jeunes LGBTQ, des programmes pour rendre les écoles plus sûres… La sensibilisation des divers professionnels en contact avec les jeunes pourrait être approfondie ou élargie. Enfin, pour continuer à améliorer nos connaissances, les enquêtes pourraient intégrer des questions sur ces phénomènes spécifiques que sont l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie et le sexisme.


Ouvrage édité et diffusé gratuitement par l’Inpes.
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