Journée thématique

Est-ce qu’il y a véritablement une pénurie en santé ?

, à Lille

Pénurie d’organes pour les greffes, difficultés d’approvisionnement en certains médicaments, manque de personnel pour les soins qui demande du temps, restrictions des budgets et maîtrise des coûts ; depuis plus de trente ans on nous explique que les dépenses de santé augmentent deux fois plus vite que la production de richesse et que cela ne peut pas continuer. Pour autant il est difficile de faire la part de ce qui relève de problèmes organisationnels, voire de véritables dysfonctionnements, et de ce qui relève de choix de société, assumés ou non. La santé ne peut-elle être regardée que comme un coût ou produit-elle aussi des richesses ? Est-ce qu’il y a véritablement une pénurie en santé ? Les institutions sanitaires doivent-elles être considérées comme des machines à tout financer ? Leur incombe-t-il le devoir de faire des choix politiques et ont-elles le droit de les faire ? Ces choix doivent-ils être uniquement faits dans une optique de juste répartition des dépenses ou il y a-t-il la place pour d’autres logiques ? Comment définir les priorités ? Qui doit les définir ?

Au quotidien, ces paramètres socio-économiques ont profondément modifié les pratiques de soins. Les institutions et les professionnels de santé s’adaptent, contournent les difficultés, transigent et inventent. Parfois les acteurs se révoltent ou désespèrent. Parfois aussi les acteurs invoquent la pénurie pour se protéger, voire pour se dédouaner de certaines de leurs responsabilités. Quelle est la responsabilité des usagers ; doivent-ils modérer leurs demandes ou, au contraire, exiger plus ? Comment l’éthique peut-elle prendre place dans le soin dans ce contexte de pénurie réelle ou supposée ? Comment concilier contraintes et dispensation d’actes de soins de bonne qualité ? Y a-t-il des bénéfices à cette recherche constante de modes de pratiques adaptés ? Quelles sont les conditions d’application de la déontologie des professionnels de santé dans ce contexte où la demande d’efficience est toujours plus grande ? Quelles modifications des pratiques cela implique-t-il ? Quels sont les perspectives, les enjeux et les risques pour le système de santé, les professionnels et les patients ?