Etat des lieux de la préconication pour la psychothérapie en cas d'infertilité

L'expérience de thérapeutes du Dr Maryline Grébert (1,2) et Jacquie De La Haye (3,4) leur a fait prendre conscience des difficultés psychologiques vécues par certains couples pendant leur parcours médical en infertilité. Rarement est proposé un suivi psychothérapeutique à ces couples parfois en grande souffrance. Certains auteurs soulignent la souffrance psychique chez les femmes durant la démarche médicale, concernant l’annonce du diagnostic de l’infertilité,  la mise en place du parcours médical,  l’attente à chaque tentative et la confrontation à l’échec.

Démontrer le besoin d’un accompagnement psychothérapeutique des couples pris en charge dans un service de Procréation Médicalement Assistée (PMA).
Le suivi psychologique proposé dans un centre d’infertilité (Clinique du Parc de Saint-Saulve) pendant plusieurs années nous a fait envisager qu’il existait un besoin et un désir des consultantes mais aussi des consultants trop souvent oubliés, de bénéficier d’un soutien psychologique. L’objectif principal de notre étude a donc été de démontrer ou non le besoin d’un accompagnement psychothérapeutique des couples pris en charge dans un
service de Procréation Médicalement Assistée (PMA).
Un auto-questionnaire a donc été élaboré par nos soins et avec le concours du Réseau de Périnatalité du Hainaut au Centre Hospitalier de Valenciennes et de la F2RSM. Il a été distribué dans 2 centres de procréation, celui du service du Professeur Dewailly du CHRU de Lille et celui des Docteurs Pauline Tiberghien et France Pinelle de la clinique du Parc de Saint-Saulve.
L’étude s’est déroulée sur 2 ans et les analyses statistiques ont été réalisées par la F2RSM à partir de 228 questionnaires exploitables.

Les résultats ont montré une participation beaucoup plus importante des femmes (195 femmes vs 33 hommes). Trente pour cent des patients auraient désiré des informations sur un éventuel suivi psychologique pendant leur parcours médical d’aide à la procréation.

Il n’apparait pas nécessaire de systématiser la prise en charge psychologique pendant ce parcours médical. En revanche une meilleure information sur la possibilité d’une prise en charge psychothérapique semble nécessaire. En effet, nous constatons que 30 % des patient(e)s auraient souhaité avoir des informations sur un suivi psychologique pendant la PMA. Comme l’indiquent les chercheurs Akhter et al. de l’Université
de Louisville et de l’Université Emory, dans leur étude récente, si nous proposions des actions de réduction du stress par de l’exercice physique, un programme de gestion du stress ou la consultation d’un professionnel de santé spécialisé, nous augmenterions très certainement leurs chances de réussite.

1 – CMPP Decroly, Anzin, France 2 – IME-SESSAD, Denain, France 3 – Centre Mormal, Le Quesnoy, France 4 – Université Lille 2, droit et santé, DU de sexologie, Lille, France