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Evaluation et prévention du risque de suicide au sein des établissements de santé mentale : pratiques des psychiatres dans les Hauts de France

Investigateur principal : Xavier Derache, interne de psychiatrie, Lille

Le suicide des patients hospitalisés représente environ 5% des suicides (correspondant à 500 décès annuels appliqué à la France). L’incidence du suicide en hôpital psychiatrique est de 250 pour 100 000 admissions(1). Le risque suicidaire du patient hospitalisé est une préoccupation majeure et quotidienne du personnel des services hospitaliers psychiatriques. En effet, 40% des personnes hospitalisées en psychiatrie expriment leur intention de mettre fin à leurs jours au moment de l’admission ou sont hospitalisées dans les heures qui suivent une tentative de suicide(2). L’impact émotionnel d’un décès par suicide au sein d’une unité de soin n’est pas négligeable. Il renvoie le soignant à des questionnements sur sa responsabilité, sa capacité soignante, sa culpabilité, voire sa propre mort.

Les études s’intéressant au suicide dans les établissements de santé restent peu nombreuses et la plupart des articles scientifiques étudient des données sur un petit nombre de cas et, à notre connaissance, il n’existe pas de recommandations spécifiques concernant l’évaluation du risque suicidaire ou la surveillance du patient hospitalisé en psychiatrie.

La conférence de consensus sur la crise suicidaire (3) évoque les échelles d’évaluation de Beck comme « les plus appropriées en situation de crise suicidaire » mais rappelle que celles-ci n’ont pas démontré leur utilité clinique. De plus, les auteurs recommandent l’utilisation de l’échelle de désespoir de Beck aux urgences mais ne produisent aucune recommandation concernant l’évaluation du patient au cours de son hospitalisation. Enfin, le document ne produit aucune recommandation concernant la prévention du risque de suicide du patient en crise suicidaire hospitalisé dans une unité de psychiatrie.

En l’absence de recommandations spécifiques, les pratiques concernant l’évaluation du risque suicidaire et la surveillance des patients adultes hospitalisés en psychiatrie sont probablement hétérogènes. Cette étude transversale descriptive a donc pour objectif d’appréhender les pratiques régionales des psychiatres en matière d’évaluation et de prévention du suicide au sein des établissements de santé mentale.

1.         Martelli C, Awad H, Hardy P. In-patients suicide: epidemiology and prevention. L’Encephale. 2010 Jun;36 Suppl 2:83–91.

2.         Klein G. Le suicide à l’hôpital psychiatrique. Schweiz Arch Neurol Psychiatr. 2012;163(3):85–91.

3.         Darcourt G, Barbail A, Belmin M, Botbol M. HAS - Conférence de Consensus - La crise suicidaire : reconnaitre et prendre en charge. 2000.

Objectif principal : Déterminer la place des échelles standardisées dans l’évaluation du risque suicidaire du patient adulte hospitalisé en psychiatrie dans les Hauts de France

Objectifs secondaires :

  • Connaitre la part des psychiatres de la région ayant été confronté au suicide d’un patient au cours de son hospitalisation
  • Connaitre les pratiques régionales concernant la prescription médicale de surveillance du risque suicidaire et la sécurisation environnementale du patient en crise suicidaire dans les services de psychiatrie
  • Interroger les pratiques régionales concernant les mesures de postvention et la réalisation d’analyses rétrospectives (Revue de mortalité et de morbidité)
  • Interroger les représentations des psychiatres concernant les facteurs de risque de suicide en milieu de soins
  • Déterminer s’il existe ou non, pour l’ensemble des questions, une différence significative selon le département d’exercice, l’âge d’obtention de la thèse et le secteur d’activité (public ou privé)

Diffusion d’un questionnaire Google Form à l’ensemble des psychiatres répondant aux critères d’inclusion courant juin 2018 (avec deux rappels à J14 et J 28).La durée de diffusion sera approximativement 6 semaines puis analyse statistique des résultats obtenus. Ce travail fera l’objet de mon mémoire de DES (08 octobre 2018) puis d’une publication sous forme d’article scientifique.

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