Impacts de l'épidémie de Covid-19 sur le recours aux soins au sein des établissements du GHT Psy Nord-Pas-de-Calais

Ce rapport de la fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France étudie les impacts de l’épidémie Covid-19 sur le recours aux soins au sein des établissements du GHT Psy Nord - Pas-de-Calais en 2020, en comparaison avec l’année 2019. Alors que la pandémie et les mesures sanitaires prises pour la contenir sont à l’origine d’une sidération collective, les conséquences délétères du confinement décidé mi-mars 2020 sont mises en avant.

L’étude s’est appuyée à la fois sur une exploitation statistique des données issues des deux bases du RimP (séjours et actes ambulatoires) en 2019 et 2020, et sur 27 entretiens réalisés avec des professionnel.les (psychiatres, psychologue, infirmier.e, …) des 4 Établissements publics de santé mentale (EPSM) du GHT et de structures d’accompagnement ou de ressource en santé mentale.

Par rapport à 2019, le nombre de personnes prises en charge par ces établissements, en ambulatoire et/ou en séjour, a chuté de 5,9% en 2020, avec une baisse particulièrement marquée lors du premier confinement (-24,1%), en comparaison avec 2019. En 2020, le nombre de séjours baisse de 10,0% par rapport à l’année antérieure ; toutes les périodes de l’année sont concernées par cette diminution alors que l’activité ambulatoire progresse sur l’année de 5,4%, malgré la chute de 17,7% enregistrée durant le 1er confinement.

L’offre en psychiatrie s’est modifiée à partir du 1er confinement : les dispositifs ont individualisé le soin (les activités de groupe ont été suspendues), certaines structures ont dématérialisé le suivi de leur patient.es (comme les CMP), voire arrêté leur activité (comme les CATTP), en application des consignes dictées par le Ministère des Solidarités et de la Santé.

La fin du 1er confinement, en mai 2020, marque une augmentation des actes ambulatoires par rapport à 2019, comme si le confinement avait conduit les personnes à s’abstenir de se rendre dans un service d’accueil psychiatrique. On peut notamment évoquer le cas des jeunes (10-20 ans), dont la fréquentation des services psychiatriques a chuté de 10,8% en 2020, ainsi que les personnes de 70 ans et + (-15,4%). Ce sont pourtant ces publics que plusieurs professionnel.les interrogé.es ont décrit comme particulièrement vulnérables : les âgé.es, en plus d’avoir peur de gagner les lieux de soins, ont eu grande difficulté à s’adapter aux communications virtuelles qui ont été pour les jeunes un palliatif insuffisant à la frontière sociale imposée par le confinement des établissements scolaires.

Nos entretiens font état d’une adaptation différenciée des pratiques en psychiatre au fur et à mesure de la propagation de l’épidémie, selon les structures et les professions. La fin du 1er confinement a autorisé le retour progressif de l’accueil physique au sein de certains dispositifs, comme les CMP ou les GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle), sous condition de respect des gestes barrières, d’une limitation du nombre de personnes et du nettoyage systématique du matériel. Les professions ont été différemment mises à contribution : les infirmier.es enregistrent une hausse d’activité de 17,8% en ambulatoire entre 2019 et 2020 alors que les médecins connaissent une baisse de 6,4% sur la même période.

Les auteurs : Maxime Salehein étudiant en sociologie et élève-ingénieur, stagiaire à la F2RSM Psy, Laurent Plancke, responsable de l'observatoire régional de la psychiatrie et de la santé mentale à la F2RSM Psy, Alina Amariei, chargée d'études à la F2RSM Psy

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