Les Centres d'accueil thérapeutique à temps partiel des Hauts-de-France

CATTPCe nouveau rapport de la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France porte sur un segment peu décrit de l’offre de soins en santé mentale : les Centres d’activité thérapeutique à temps partiel. Créés en 1986, ils font partie intégrante des services publics (secteurs) de psychiatrie, générale, infanto-juvénile et en milieu pénitentiaire. Les objectifs qui leur sont fixés sont de « maintenir ou favoriser une existence autonome par des actions de soutien et de thérapeutique de groupe ». Cent quarante-cinq centres ont été recensés dans les Hauts-de-France, dont 12 en milieu pénitentiaire et 3 rattachés à un intersecteur d’addictologie.

L’étude a consisté en une analyse des données de la Statistique d’activité des établissements de santé (SAE) et du Recueil d’informations médicalisé en psychiatrie (RimP) pour l’année 2017, ainsi qu’en une enquête par entretiens semi-structurés avec 21 professionnels travaillant dans 16 CATTP distincts.

En 2017, 13 234 personnes bénéficient d’une prise en charge dans ces centres, soit 0,22% de la population régionale et 5,9% des personnes prises en charge dans les services de psychiatrie (publics ou privés). Ils accueillent un peu plus d’hommes (51,2%) que de femmes (48,8%), ces dernières étant plus âgées (44,0 ans en moyenne vs 33,7 pour les hommes).

Des entretiens, il ressort que les CATTP accueillent, sur prescription médicale, des patients stabilisés, suivis en CMP ; les pathologies les plus fréquentes sont les troubles psychotiques pour les hommes, de l’humeur pour les femmes. Les activités sont animées par des personnels des services, spécifiquement formés ou non, ou des intervenants extérieurs. Les objectifs sont à la fois sociaux (lien social, citoyenneté, inclusion, …) et thérapeutiques (estime de soi, …) Les références théoriques sont peu fréquentes et la prise en charge est rarement protocolisée, sauf dans le cas des programmes de réhabilitation psychosociale. La durée d’accompagnement est indéterminée et l’évaluation est individuelle (clinique). L’individualisation des suivis est revendiquée, d’où une forte variabilité de l’intensité et de la nature des activités proposées.

Pièces originales du dispositif de soins en psychiatrie, les CATTP gagneraient cependant à faire l’objet d’une évaluation, dont l’objet pourrait être l’entrée et la sortie de ces centres, ainsi que leur efficacité thérapeutique.

Les auteurs : Lola Cohen, Laurent Plancke, Alina Amariei

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