Congrès de la Société française de santé publique

La mortalité des patients psychiatriques

Le 5 octobre 2017, à Amiens

La F2RSM Psy a présenté une communication sur les résultats de l’étude de mortalité de patients hospitalisés en psychiatrie.

La surmortalité des personnes affectées de troubles psychiatriques est décrite depuis plus d’un siècle. Une mesure régulière des taux de décès constitue un enjeu épidémiologique important pour apprécier l’efficience des politiques de santé menées en direction de cette population.

Une étude longitudinale multicentrique rétrospective a été menée sur un échantillon de 14 037 patients - avec un diagnostic Cim-10 en F (sauf F0 et F7) - entre janvier 2008 et 2009. Les patients inclus dans l’étude avaient bénéficié d’au moins une hospitalisation en milieu psychiatrique dans l’un des 9 établissements hospitaliers participant de l’ancienne région Nord - Pas-de-Calais. Leur statut vital au 31/12/2013 a été recherché auprès de l’Insee et la cause du décès  - pour les patients décédés - auprès du CepiDc (Inserm). Des courbes de survie (méthode de Kaplan-Meier) ont été établies et des Indices comparatifs de mortalité (ICM) ont été calculés, en référence à la population de la région d’étude.

Au 31/12/2013, 1445 patients étaient décédés. Les probabilités de décès cumulées s’établissaient à 2,7% après 1 an, 4,8% après 2 ans et 8,4%  après 4 ans. Ces probabilités étaient significativement plus élevées (p log-rank < 0,0001) chez les hommes, chez les personnes vivant seules, chez les personnes sans activité et augmentaient avec l’avancée en âge. La mortalité dans l’échantillon était 4 fois supérieure à celle de la population régionale (ICM=400) ; la surmortalité était encore plus marquée chez les 18-34 ans (ICM=1225), pour le suicide, à l’origine de 25,3% des décès enregistrés (ICM=1985). Les décès par tumeurs (15,6% de l’ensemble) introduisaient une surmortalité moins élevée (ICM=171).

La confirmation de la surmortalité massive des patients souffrant de troubles mentaux justifierait la définition de programmes significatifs et spécifiques de promotion de la santé, de prévention du suicide, d’actions coordonnées (psychiatrie - médecin générale), d’accès aux dépistages et aux soins.

Retrouvez la présentation de Laurent Plancke.