5ème rencontre Philo-psy

Partager un monde commun quand le langage fait défaut : un défi éthique dans la relation de soin ?

, à Lille

L’Espace Ethique Hospitalier et Universitaire de Lille & l’ACIOS s’associe pour la 5ème rencontre Philo-psy sur le thème « Partager un monde commun quand le langage fait défaut : un défi éthique dans la relation de soin ? ».

Le samedi 23 juin 2018 de 9h00 à 12h30

Amphi Salengro niveau -2 de l’hôpital Roger Salengro - CHU de Lille

Dans nos rencontres avec les patients, nous pouvons être confrontés à des personnes avec qui la relation n'a plus la symétrie à laquelle nous nous attendons habituellement. Les codes auxquels nous faisons appel pour entrer en contact ne nous sont d'aucun secours et nous nous sentons embarrassés devant le manque de réponse ou les manifestations difficilement interprétables de celui vers qui nous nous avançons. La personne à laquelle nous nous adressons ainsi a-t-elle bien compris le sens de notre relation ? Le mutisme, la réticence au sens psychiatrique du terme, la déficience intellectuelle, le fait de ne pas ou ne plus accéder au langage, la surdité profonde sans moyen commun de communication, ... sont autant d'occurrences qui nous plongent dans l'expectative. Comment allons-nous faire pour partager le même monde ? La tentation est grande de renoncer ... La toute petite enfance comme le très grand âge sont des moments de la vie où une expression langagière de soi n’est pas encore ou n’est plus possible (du moins difficile) et c'est à travers les gestes, le regard, le toucher que peut s'exprimer cet accordage subtil autant que fragile que nous appelons communication. Comment savoir ce que l'autre ressent si la possibilité de la parole vient à manquer ; s'il ne peut pas ou plus nous parler, s'il ne sait pas nous parler et réciproquement si nous ne trouvons pas le temps et les ressources pour nous accorder à lui ?

Le silence qui s'impose alors dans la relation pourrait bien être la source d'une dissonance persistante, d'une violence qui attribue à l'autre l'origine du mal pour ne plus savoir s'ouvrir à lui. La violence, on le sait, rôde dans ces âges de la vie où l'humain ne dispose plus, ou pas, des codes pour s'annoncer et se faire reconnaître comme tel. Quelle vigilance éthique peut donc nous prémunir de ce qui nous apparaît comme un blocage insurmontable où le silence s'installe pour devenir assourdissant ? Quels sont les paroles ou les discours qui peuvent nous garder de l'inhumanité dans laquelle nous plonge l'incapacité à dire les maux ?

Téléchargez le programme complet

"Communiquer avec une personne souffrant d’un déclin cognitif progressif (maladie d’Alzheimer ou maladie apparentée). Un long apprentissage."

Florence PASQUIER, professeur de neurologie & coordinatrice du centre mémoire de ressources et de recherche, CHU de Lille

 

« Lorsque soignant entendant et soigné sourd pensent sincèrement chacun comprendre la langue de l’autre, voilà le parfait exemple d’un dialogue de sourd. »

Benoît DRION, praticien hospitalier, responsable de l'unité d'accueil de soins de sourds & coordonnateur du réseau sourds et santé, GHICL

 

"La relation thérapeutique face aux limitations linguistiques : un défi pour les soignants, un défi pour les soignés"

Thi Mai TRAN, linguiste et orthophoniste, Laboratoire STL et Département d'Orthophonie, Université de Lille