LA RéPUBLIQUE FRANçAISE HONORE LES 45 000 HANDICAPéS VICTIMES DE L’ABSENCE DE SOINS ET DE DéNUTRITION LORS DE LA seconde GUERRE MONDIALE

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Un vibrant hommage national a été rendu le 10 décembre dernier, par le Président de la République Française François Hollande, aux 45 000 victimes civiles, handicapés ou malades, morts de faim ou d’épuisement dans les hôpitaux psychiatriques français sous l’occupation.
 

L’inauguration d’une stèle commémorative à la mémoire de ces victimes a été dévoilée au Trocadéro à une date symbolique, puisque le 10 décembre correspond à la journée internationale des droits de l’Homme.

Charles Gardou, anthropologue et professeur à l’université Lyon II, est à l’initiative de cette commémoration. C’est en novembre 2013 que le Professeur, avec le travail de l’association Mouvement pour une société inclusive, lance une pétition, qui touche 81 000 signataires en seulement 15 mois. François Hollande, favorable à cette idée, confie en parallèle à Jean-Pierre Azéma, historien et président du comité scientifique du 70ème anniversaire de la Libération, la mission de dresser un bilan des connaissances sur ce drame. Un rapport d’une trentaine de pages en découle, où sont évoqués les tentations eugéniques, la complicité du régime de Vichy, la surmortalité dans l’ensemble des collectivités hospitalières… Jean-Pierre Azéma suggère alors au Président de la République d’inscrire dans la mémoire nationale le souvenir de ces victimes trop longtemps oubliées au travers d’une commémoration officielle de cette « hécatombe ».

Ce rapport démontre que 45 000 malades mentaux sont morts de faim, d’épuisement, de manque de soins en France en 6 ans, il y a 70 ans. La faute d’Hitler, ou de Pétain : il s’agit avant tout d’un phénomène d’abandon dont ont été victimes les handicapés mentaux, drame oublié de nos livres d’histoire.

Vous pouvez consulter le rapport de Jean-Pierre Azéma sur ce lien.

Jusque là, aucun hommage national n’avait été rendu à ces victimes en France, et seul un mémorial dédié aux 300 000 personnes en situation de handicap assassinées par les nazis avait été inauguré en septembre 2014 à Berlin.