Consultation d'aide méthodologique

Santé psychique des médecins généralistes du Nord - Pas-de-Calais

Objectif principal :

Mesurer la fréquence de tentative de suicide et d’idéation suicidaire des médecins généralistes libéraux du Nord-Pas-de-Calais

Objectif secondaire :

Si une prévalence anormale est mise en évidence, quels sont les marqueurs de risque ?

2052 médecins généralistes abonnés à un service de messagerie sécurisée du Nord - Pas-de-Calais ont été invités à répondre à un questionnaire auto-administré anonyme envoyé par Internet (via un lien) portant sur des épisodes éventuels de troubles psychiques (désespoir, idées morbides, burn-out, stress – en lien avec la gestion comptable de leur cabinet ou leurs cotisations - et tentatives de suicide), leurs recours à des aides ou traitements (médicamenteuses, médicales, ligne téléphonique dédiée), leur consommation de produits psychotropes et les conditions de leur exercice professionnel.

Une première invite a été envoyée mi-octobre 2014, avec relance par courriel 6 semaines plus tard. La représentativité de l’échantillon a été étudiée à partir des caractéristiques des médecins inscrits à l’Ordre du Nord - Pas-de-Calais au 1er janvier 2013. Le test du khi-2 a été employé pour apprécier la significativité des variables en analyse bivariée. Les variables à l’origine d’une valeur du p < 0,2 ainsi que l’âge et le sexe ont été inté- grées dans des modèles de régression logistique visant à rechercher les facteurs de risque et de protection de la variable « idées suicidaires » (déclarer avoir eu des idées suicidaires au cours de sa carrière). Le traitement des données a été réalisé avec le logiciel SAS 9.3 (SAS Institute Inc., Cary, NC).

Ce travail a permis un premier état des lieux descriptif de la santé mentale d’une population de médecins généralistes libéraux de la région Nord - Pas-de-Calais. Malgré un taux de participation de 14% l’étude permet de mettre en évidence une prévalence anormalement élevée des phénomènes morbides étudiés. Un médecin sur 4 présente des idées suicidaires. L’âge supérieur à 60 ans, le stress des cotisations, le stress lié à la gestion du cabinet, les litiges personnels et la solitude professionnelle ressentie semblent être des marqueurs de risque. Ces résultats viennent compléter les études précédentes sur le sujet. Une approche raisonnable de la problématique suicidaire est obligatoirement interdisciplinaire. Le suicide des médecins est à la fois un problème individuel, collectif, économique et de santé publique.

Un travail mené par Lucie Simoens, lors de son internat 5ème semestre, DES de Médecine Générale, Faculté de Lille 2.

Découvrez le travail présenté le 1er avril 2014 au Conseil scientifique de la F2RSM ICI.

Directeur de thèse :

Yannick Caremelle, Médecin généraliste,

Aide scientifique et méthodologique :

  • Dr Claire-Lise Charrel, médecin psychiatre
  • Laurent Plancke, chargé d’étude F2RSM