Le travail téléphonique avec les patient.e.s dans les établissements publics de santé mentale du GHT Psychiatrie du Nord-Pas-de-Calais pendant la crise sanitaire de 2020

Ce rapport de la fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France rend compte des résultats d’une étude décidée avec le Groupement hospitalier de territoire (GHT) Psychiatrie Pas-de-Calais sur l’utilisation du téléphone dans les entretiens avec les patients durant l’épidémie de Covid en 2020. Elle s’est basée sur l’exploitation des bases d’activité de 3 des 4 établissements constituant ce GHT pour décrire leur nombre durant l’année 2020 et sur des entretiens semi-structurés avec des psychiatres et infirmier.e.s de ces établissements sur leur utilisation du téléphone dans leur travail avec les patients, son intérêt et ses limites.

Codés à partir de mars 2020, les entretiens téléphoniques sont très utilisés durant le 1er confinement (64% des actes en avril 2020) ; leur nombre diminue ensuite, fortement à partir de juillet, même si un léger rebond est enregistré en novembre, durant le 2e confinement.

S’ils ont permis de maintenir un lien avec les patients, objectif que se sont en général fixé les équipes de psychiatrie, leur qualité a été jugée insatisfaisante (courte durée, difficultés de concentration, absence de cadre thérapeutique …) et cette pratique a été rapidement abandonnée avec la réouverture des lieux de soins, alors même que certains avantages leur était reconnue (maintien d’un lien social, contribution à la lutte contre l’épidémie de Covid …)

Aucun élément rapporté par les professionnels interrogés ne permet de penser que les entretiens téléphoniques se poursuivront de manière significative, même dans certaines situations particulières (patients éloignés, ne se présentant plus, …) Le suivi du nouvel indicateur introduit dans le RimP, permettant de savoir si l’entretien a lieu en tête-à-tête, en téléconsultation ou au téléphone, rendra possible le chiffrage de ces différentes modalités d’entretien et les publics qu’elles concernent plus particulièrement (selon l’âge, le sexe, les pathologies …)

Les auteurs : Corentin Pilet, étudiant en sociologie, stagiaire à la F2RSM Psy, Laurent Plancke, responsable de l'observatoire régional de la psychiatrie et de la santé mentale à la F2RSM Psy, Alina Amariei, chargée d'études à la F2RSM Psy

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