Plublication de l'INSEE Analyses Nord-Pas-de-Calais-Picardie N° 23

Une fonction publique hospitalière bien présente mais des besoins importants en Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Novembre 2016

Au regard de ses difficultés sanitaires, la population du Nord-Pas-de-Calais-Picardie se caractérise par des besoins de prise en charge importants en matière de santé.

Un quart des emplois publics consacré aux activités de santé

Dans la région, un emploi public sur quatre est consacré aux activités de santé. Avec ses 115 000 agents régionaux, la fonction publique hospitalière représente 10% des effectifs métropolitains, une proportion légèrement supérieure au poids démographique de la région au niveau national (9,4 %). Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie se situe parmi les quatre régions consacrant le plus d’effectifs à la
FPH, derrière l’Île-de-France, l’Auvergne- Rhône-Alpes et l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Le Centre hospitalier universitaire de Lille est le plus gros employeur régional de la FPH. Il concentre près de 13 % des effectifs. Son rayonnement s’étend à l’ensemble de la région. Les établissements de Valenciennes et d’Amiens constituent les deux autres plus gros employeurs régionaux de la FPH. Toutefois, un nombre important de patients picards se soignent dans des établissements extérieurs à la région, ce qui limite l’influence du CHU d’Amiens. Les habitudes des populations résidentes et la moindre facilité d’accès, notamment depuis l’Aisne, expliquent des déplacements davantage orientés vers Reims pour le département de l’Aisne et vers Paris pour les habitants de l’Oise.

Un service public reposant essentiellement sur du personnel soignant

Plus de 70 % de ses effectifs sont du personnel soignant parmi lesquels 10 000 médecins.

La filière soignante représente l'essentiel de la FPH avec 60% environ des effectifs, où les aides soignants sont "largement majoritaires" avec plus d'un agent sur deux. Ils sont suivis par les infirmiers avec quatre agents sur dix. Les médecins occupent quant à eux près de 10% des effectifs de la FPH régionale, soit un poids qui est identique à la moyenne nationale. Par ailleurs, les Hauts-de-France se situent parmi les trois régions les mieux dotées en matière de densité et de volume de personnel non soignant (filières administratives, techniques-ouvrières, médico-techniques et socio-éducatives) derrière la Bourgogne-Franche-Comté et la Normandie. Les fonctions supports constituent ainsi près du quart des effectifs de la FPH.

Les établissements de santé privés, davantage orientés vers le médico-social

Dans la région, cette offre publique de santé s’articule de façon assez équilibrée avec l’action des établissements privés, bien que cette dernière soit davantage orientée vers le secteur médico-social.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, les établissements de santé privés emploient 91 300 salariés (77 800 équivalent temps plein). Contrairement au versant public où le domaine hospitalier prédomine, les emplois se répartissent quasi équitablement entre les secteurs sanitaire et médico-social : 52 % des emplois salariés pour le premier contre 48 % pour le second. Les hôpitaux Saint Philibert et Saint Vincent de Paul du groupement des hôpitaux de l’Institut catholique de Lille, situés dans la métropole lilloise, et l’Institut Calot de la fondation Hopale, localisé à Berck-sur-Mer, sont les plus gros établissements de santé privés de la région.

Une offre de soins de ville plus limitée

Les professionnels de santé libéraux, exerçant « en ville » et auxquels recourent en général en premier lieu les patients, sont quant à eux moins présents qu’au niveau national, en particulier pour certaines spécialités médicales.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ce sont 27 200 médecins, infirmiers, dentistes et masseurs-kinésithérapeutes qui concourent à
l’offre de soins de ville en 2013, soit 8,2 % des effectifs nationaux, une part inférieure à celle de la population régionale dans la population de France métropolitaine (9,4 %).

En amont du système de santé, d’autres déterminants de l’état de santé, peu favorables dans la région

L’offre de santé dans son ensemble, et a fortiori l’offre hospitalière, dernier maillon du parcours de soins, ne peut dans tous les cas garantir à elle seule le bon état de santé de la population. Des facteurs socio-économiques peu favorables à la population régionale limitent en effet l’accès aux soins et à la prévention en particulier  : la pauvreté, la précarité, l’isolement…. Le non-recours aux soins est donc un enjeu essentiel pour éviter la détection tardive des pathologies. Des dispositifs facilitant l’accès aux soins des personnes à faibles ressources ont ainsi pour objectif d’atténuer l’impact de la précarité sur l’état de santé.

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