Aide méthodologique

Validité convergente de la Screening scale for pedophilic interest et du Questionnaire sur l'intensité des fantasmes, du désir et des comportements sexuels auprès d'auteurs d'infraction à caractère sexuel sur mineurs de moins de 15 ans

Investigateur principal : Estelle Demeulemeester, interne de psychiatrie à Lille

L’agression sexuelle constitue une préoccupation majeure de santé publique en raison des graves conséquences pour les victimes et il s’agit d’un sujet qui suscite toujours de nombreux débats et controverses au sein de la communauté scientifique. La pédophilie est la paraphilie qui fait l’objet du plus d’attention dans les milieux professionnels et les médias.

Parmi les auteurs d’infractions à caractère sexuels sur mineurs de moins de 15 ans, peu de données sont disponible sur la prévalence de la pédophilie notamment en France et l’amalgame entre auteurs d’infractions à caractère sexuels sur mineurs de moins de 15 ans et pédophiles est encore trop fréquent.

En 2016, le Docteur Laurane Le Pen a réalisé un travail autour de l’évaluation de la pédophilie au travers d’un outil corrélé à l’intérêt sexuel déviant à l’égard des enfants : le SSPI (Screening Scale for Pedophilic Interests) dans les deux versions existantes (respectivement 4 et 5 critères).Dans cette étude,19,1% des sujets présenteraient un intérêt sexuel déviant à l’égard des enfants (score=4 ou 5)(1).

Ces données retrouvées sont proches de la répartition décrite dans la littérature internationale (SSPI= 4 pour 17,1% des sujets SSPI=5 pour 14% des sujets dans l’étude de Seto et Lalumière en 2001)(2), ce qui peut faire évoquer l’hypothèse d’une reproductibilité à l’échelle française.

Cependant, le SSPI ne tend à évaluer qu’une dimension de la pédophilie, à savoir l’intérêt sexuel déviant à l’égard des enfants, reflet de l’excitation sexuelle. En effet, cette échelle ne permet pas d’évaluer le retentissement psychique de la pédophilie c’est-à-dire l’existence et l’intensité des fantaisies sexuelles déviantes. Son utilisation semble donc préconisée en complément d’autres outils d’évaluation comme par exemple le Questionnaire sur l’Intensité des Fantasmes, du Désir et des Comportements Sexuels (FDCS) de Stoléru et Moulier.

Objectif principal :

Rechercher une corrélation entre un score élevé (4 ou 5) de la SSPI qui traduit un intérêt sexuel déviant envers les enfants (reflet de l’excitation sexuelle) et l’envahissement fantasmatique évalué par le FDCS (fréquence des désirs, comportements et fantasmes sexuels dirigés vers les enfants) dans l’évaluation globale d’un patient pour lequel l’hypothèse diagnostique de trouble pédophilique a été posée.

Objectifs secondaires :

Enrichir les données préexistantes permettant d’établir un profil socio-démographique de la population étudiée.

Rechercher et éviter un biais de confusion par le dépistage d’un trouble anxieux et/ou dépressif grâce au questionnaire HADS.

Il s’agit d’une étude observationnelle transversale et monocentrique.