Projet porté par la F2RSM

Prévention de la contagion suicidaire : le programme Papageno

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Papageno est un programme multimodal et intégré axé sur la gestion des conséquences du suicide

 

Son objectif est double :

  • Éviter la contagion suicidaire en limitant les effets d’identification vulnérante en jeux dans les suicides en grappes de masse (mass clusters) au profit d’une identification protective directe (identification à des personnes ayant surmonté une crise suicidaire incitant au recours au soin) et indirecte (identification aux aidants intervenant en prévention du suicide),
  • Circonscrire et limiter les effets de désorganisation institutionnelle en contexte de crise (point clusters), par un accompagnement étroit des institutions en question.

En cela, Papageno constitue un programme innovant et ambitieux de prévention suicide. Conçu pour s’ajuster au mieux aux évolutions sociales contemporaines, le modèle proposé mise sur le concept d’identification pour guider une stratégie audacieuse et novatrice. En plus de réduire le surcroit de mortalité lié à la contagion, il s’agit de lever les obstacles qui limitent l’accès des personnes en souffrance à des soins et services qui sont pourtant actifs et disponibles.

La force du programme tient non seulement aux actions qu’il mène, mais aussi – et c’est peut-être là le point fondamental – à sa philosophie et à son éthique.

Le programme a pour ambition d’aider les personnes qui traversent un moment difficile en éveillant en eux la conscience de leurs potentialités, à soutenir les collègues qui travaillent déjà à cette tâche en facilitant leurs efforts, et enfin, à supporter les acteurs sociaux que la question du suicide décontenance – notamment les journalistes - en leur permettant de s’en saisir pleinement en tant que partenaires de prévention.

L’idée n’est pas de répliquer (ni même d’appliquer) un modèle d’intervention que nous jugerions efficace, mais de se fonder sur la vivacité des ressources du terrain en proposant un méta-cadre organisationnel. Tel un rhizome (modèle que nous empruntons à Gilles Deleuze et Félix Guattari), le programme se déploie avec facilité et rapidité. L’action de proximité et l’ancrage territorial qui en résultent permettent au programme de se déployer dans le respect des spécificités de la communauté tout en faisant émerger les collaborations.

Pour Papageno, la communication (au sens fort du terme) occupe une place centrale dans la prévention de la contagion suicidaire. Elle est à la fois le référentiel expertal qui nous permet de penser les messages envoyés à la population générale et aux individus vulnérables, et le liant qui nous permet de fonder une action commune. Nous la voyons comme un véritable outil de prévention au service de la sensibilisation, de la déstigmatisation et de la co-opération.

Depuis la création du programme en 2014, nos efforts de prévention se sont concentrés sur la collaboration avec les médias afin de promouvoir un travail collaboratif entre journalistes et professionnels de la prévention en vue de limiter l’effet Werther (effet de contagion lié à un traitement médiatique du suicide à risque) et de promouvoir l’effet Papageno (effet de prévention lié à un traitement médiatique responsable du suicide) 

Le tournant que nous prenons depuis 2017 n’est pas seulement de forme, il est aussi de fond. Les sollicitations, les besoins, les potentiels sont tels que nous ne pouvons pas ne pas envisager un engagement plus ambitieux :

  • Mise en place de plans de gestion de crise (postvention) au sein d'institutions
  • Repérage et suivi de l'intervention sur les « hot-spots » suicidaires

mais surtout, mise en place d’une stratégie d’intervention sur le web en déployant et mobilisant les ressources permettant de repérer les propos et conduites suicidaires ainsi que d’amener les personnes vers le soin.


Pour en savoir plus, visitez le site dédié.