Les sources d’information sur les tentatives de suicide dans le Nord – Pas-de-Calais : Apports et limites

Revue d’épidémiologie et de santé publique, 2014

Plancke L., Ducrocq F., Clément G., Chaud P., Haeghebaert S., Amariei A., Chan-Chee C., Vanhée F., Goldstein P., Vaiva G. Les sources d’information sur les tentatives de suicide dans le Nord – Pas-de-Calais. Apports et limites. Revue d’épidémiologie et de santé publique, 2014 ; 62 : 351-360

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Position du problème

Les indicateurs permanents de santé mentale sont rares en France et les conduites suicidaires ne sont souvent appréhendées qu’à partir de la mortalité par suicide.

L’intérêt épidémiologique et les limites méthodologiques de quatre bases de données médico-administratives, sur lesquelles est possible une extraction portant sur les tentatives de suicide, ont été étudiés dans la région Nord - Pas-de-Calais (France) : les appels téléphoniques au samu pour tentative de suicide (2009 à 2011), les accueils en service d’urgences hospitalières avec diagnostic de tentative de suicide (2012), les hospitalisations en médecine-chirurgie pour tentative de suicide (2009 à 2011) et les prises en charge psychiatriques avec diagnostic de tentative de suicide (2011).
Un samu sur 2, 5 services d’urgences sur 30, et la totalité des services de médecine-chirurgie et de psychiatrie ont transmis des données utilisables ; dans les deux dernières sources, un identifiant anonyme unique permet une statistique à l’individu, dans les deux premières elle ne porte que sur les gestes suicidaires. En 2011, le taux d’appel pour tentative de suicide pour 100 000 habitants s’élève à 304 alors que le taux d’hospitalisation avec ce diagnostic est de 275 ; les taux sont plus élevés, chez les hommes entre 20 et 49 ans, chez les femmes avant 20 ans et entre 40 et 49 ans. On note une grande homogénéité des sources quant à l’âge moyen (entre 37,8 et 38,5 ans selon les sources) et le sexe (55,0% à 57,6% de femmes). En 2011, le nombre de patients avec un diagnostic de tentative de suicide suivis en psychiatrie est 2,6 plus faible que le nombre de personnes hospitalisées en médecine-chirurgie pour TS (3563 vs 9327).

La permanence du recueil et la grande quantité d’informations enregistrées plaident pour l’utilisation de ces bases dans le cadre de la définition et de l’évaluation des politiques de santé mentale ; l’augmentation de la participation des samu, des services d’urgences et du codage du caractère suicidaire des intoxications par quelques services manifestement sous-déclarants, doit cependant être obtenue pour l’amélioration de ce système d’information.