Les recours aux médicaments psychotropes des travailleurs indépendants à l’âge du départ en retraite en France Métropolitaine

Annales médico-psychologiques, 2011

Plancke L., Amariei A., Danel T., Ladrière-Lizet L., Deligne J. Les recours aux médicaments psychotropes des travailleurs indépendants à l’âge du départ en retraite en France Métropolitaine. Les Annales médico-psychologiques 2011 ; 169 : 627-634

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Moment biographique important, le passage à la retraite intervient à un âge où les recours aux médicaments psychotropes sont plus élevés, surtout chez les femmes, qu’aux âges inférieurs.

Nous avons procédé à une extraction de la base des prescriptions présentées au remboursement du Régime social des indépendants (RSI) en France métropolitaine sur une période de 12 mois avant le jour de leur retraite et 12 mois après, en vue de calculer des taux de recours – généraux et par classe de médicaments psychotropes – et de rechercher l’influence du sexe, de l’âge, de la dernière profession, d’une affection psychiatrique, de la région de résidence et de la période (avant/après le départ en retraite).
Le taux de recours aux psychotropes des indépendants à l’âge de la retraite s’élève à 35 % (33 % pour les hommes et 42 % pour les femmes). Les benzodiazépines constituent le premier groupe prescrit (42,5 % des volumes pour 24,8 % des personnes) ; suivent des antidépresseurs (32,1 % des volumes pour 15,3 % des personnes), des somnifères (21,0 % des volumes pour 12,9 % des personnes), des antipsychotiques (3,5 % des volumes pour 2,1 % des personnes) et des traitements de la dépendance alcoolique (1,0 % des volumes pour 0,8 % des personnes). Les groupes qui présentent les plus forts recours sont les personnes présentant une affection psychiatrique de longue durée (ALD 23 – 93,1 %), les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU – 48,8 %), les femmes (42,0 %) et les personnes de 60ans (37,9 %), alors que les anciens artisans (33,2 %) présentent un taux de recours plus faible que les autres professions.
Les variables ci-dessus, ainsi que la résidence dans le Nord-Pas-de-Calais et le Limousin, sont plus reliées à de forts taux de recours que le départ en retraite ; ce dernier n’induit qu’une très faible diminution du recours aux médicaments psychotropes.