Projet porté par la F2RSM

Imagerie cérébrale du premier épisode psychotique (Psymac)

L’exploration du cerveau a toujours fait partie des évaluations en psychiatrie : examen neurologique, EEG, fond d’œil, bilans biologiques spécifiques (sérologies syphilis, HIV bilan métabolique), ponction lombaire et encéphalographie gazeuse. Certaines de ces méthodes ont été abandonnées en raison des limites de leur sensibilité ou de leur spécificité et pour certaines, de leur caractère intrusif et traumatique.

Grâce à l’IRM l’exploration du cerveau est devenue accessible, non invasive et réalisable en toute innocuité. Les informations sur la structure et le fonctionnement du cerveau sont de plus en plus précises. L’IRM se positionne en première ligne pour répondre aux besoins des pratiques actuelles en psychiatrie :

  • écarter un diagnostic différentiel (p.ex..: 1 à 2% des patients admis en psychiatrie souffre d’un trouble associé à une atteinte organique)
  • identifier une pathologie associée ou son retentissement cérébral qui nécessiterait d’être prise en compte dans l’élaboration du projet thérapeutique (maladie de système, diabète, séquelle de traumatisme crânien ou de pathologie neurologique connue)
  • identifier des complications du trouble psychiatrique (retentissement cérébral des addictions, de l’infection par HIV…)

De plus, l’introduction de l’IRM dans la recherche a donné une impulsion considérable à la psychiatrie offrant de nouveaux modèles de compréhension des maladies mentales (notion de trouble développemental) ainsi que des innovations thérapeutiques (techniques de neuromodulation).

Les perspectives d’avenir laissent espérer d’autres développements dans le diagnostic et dans les soins personnalisés.

A ce jour, l’imagerie cérébrale fait rarement partie de l’évaluation des patients débutant une psychose (schizophrénie) ou un trouble à haut risque de récidive ou de chronicité (trouble bipolaire, et unipolaire). Pourtant ce sont ces situations cliniques (plus de 900 nouveaux cas par an dans notre région) qui justifient d’un bilan exhaustif destiné à personnaliser les soins.

LE PROJET PSYMAC

La Fédération régionale de recherche en santé mentale, en collaboration avec les Radiologues de la région coordonnés par le Pr Jean-Pierre Pruvo, se propose de porter un projet pilote visant à encadrer, promouvoir et valider les indications de l’IRM cérébrale en psychiatrie.

L’utilisation des infrastructures déjà existantes en termes d’acquisition et de transfert de données, permettra d’apporter un soutien à l’interprétation des images et à la constitution d’une base de données régionale. L’objectif est que, quelque soit son lieu d’habitation, tout patient pourra désormais accéder à une exploration cérébrale homogène et de qualité.

Bénéfices attendus

  • Avancée importante en soins courants sur les secteurs, notamment dans le bilan d’un premier épisode psychotique (thème actuellement retenu comme prioritaire, voir section « vers une aide… »).
  • Opportunité pour les secteurs de psychiatrie et les services de Radiologie de participer aux recherches collaboratives de suivi de cohortes de patients et de développement de bases de données en imagerie cérébrale.

LES ENJEUX ÉTHIQUES

Les techniques actuelles d'explorations fonctionnelles confrontent la pratique à des questionnements éthiques, notamment concernant l'imagerie prédictive.

Un rapport a été présenté au Sénat en mars 2012        

Accédez à ce rapport

ÉTAT D’AVANCEMENT DU PROJET PSYMAC EN SEPTEMBRE 2016

En septembre 2016, dix binômes (1 psychiatre et 1 radiologue) se sont constitués dans la région, et ce réseau reste ouvert à toute nouvelle participation.

Téléchargez la carte pour les visualiser

Téléchargez le bon IRM PSYMAC

L’homogénéisation des séquences à réaliser ainsi que la télétransmission des données d’imagerie se basera sur l’expertise du centre d'acquisition et de traitement d'images (CATI), initié avec le plan Alzheimer et opérationnel aujourd'hui dans la région Hauts-de-France.

Le stockage et la création de la banque de données d'imagerie cérébrale sera effectuée sur la plateforme CURE, hôpital Fontan (CHRU de Lille).

Vers une aide à la décision thérapeutique : projet PSYMAC PEPS

Un des enjeux fondamentaux de cette recherche est de pouvoir aider à la décision d’orientation et thérapeutique, par exemple chez des patients expérimentant un premier épisode psychotique (PEP).

Le PEP est une entité diagnostique avant tout clinique, associant un délire intense et polymorphe, une désorganisation et une fréquente labilité thymique. On estime qu’à la suite d’un PEP, un tiers des patients évolueront vers une pathologie chronique telle la schizophrénie, un tiers évolueront vers un trouble bipolaire, et un tiers verra son état stabilité à la normale (PEP isolé).

L’imagerie cérébrale peut-elle aujourd’hui nous aider à prédire le devenir du patient avec PEP, et ainsi adapter au mieux sa prise en charge ?

C’est la question à laquelle le projet de recherche « PSYMAC PEPS » souhaite apporter des éléments de réponse, en s’appuyant sur la qualité des données d’imagerie recueillies au sein du réseau PSYMAC.

L’objectif de « PSYMAC PEPS » est la construction d’un algorithme de prédiction du devenir à un an des patients expérimentant un PEP, et ainsi déterminer le risque pour ces patients de développer une schizophrénie, ou trouble bipolaire, ou à voir leur état stabilisé à la normale. La construction de l’algorithme sera basée non seulement sur les données IRM recueillies au sein du réseau (utilisation de l’imagerie à visée prédictive), mais également sur des données cliniques et génotypiques supplémentaires recueillies au moment du PEP.  

Cette prise en compte de la richesse des éléments constitutifs du tableau clinique au moment du PEP est une véritable opportunité pour l’élaboration à terme d’un bilan-type à visée prédictive et l’aide à la décision thérapeutique.

Ce projet est soutenu par un financement régional attribué en 2013.Vous pouvez nous contacter pour avoir de plus amples informations ou rejoindre le réseau PSYMAC.

POUR CONTRIBUER AU PROJET

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