108ème congrès de psychiatrie et neurologie de langue française

Santé du corps, santé mentale

Au Touquet, 2010

Introduction

Les personnes souffrant de schizophrénie ont une perte d’espérance de vie de 20 ans par rapport à la population générale.

L’une des raisons peut être un suivi de mauvaise qualité au plan somatique.

Une part de la responsabilité est du coté du patient eu égard à son peu d’implication dans sa santé et une altération des fonctions cognitives en est une des causes.

Une autre est du coté du médecin somaticien qui a des difficultés à proposer les mêmes dépistages, repérages et suivis médicaux qu’en population générale.

La responsabilité de l’équipe de santé mentale peut être invoquée eu égard à une préoccupation insuffisante quant à l’aspect somatique de la santé des patients qu’elle est amenée à suivre.

Pour explorer cette dernière hypothèse, la fédération régionale de recherche en santé mentale (F2RSM) du Nord - Pas-de-Calais a organisé une consultation régionale exhaustive visant à repérer si la santé somatique était documentée dans les dossiers des patients souffrant de schizophrénie.

Méthode

Elle a eu recours à un audit croisé inter hospitalier,  une méthode de partage des pratiques dont le  principe est simple : les établissements adhérents de la F2RSM se voient proposé un audit de leur pratique par un pair tiré au sort tandis qu’il auditera en retour un troisième établissement lui-même candidat et tiré au sort. Ainsi chaque établissement candidat est audité et auditeur.

Résultats

L’enquête montre la collaboration quasi généralisée de la santé mentale et la médecine somatique.

Le risque de trouble métabolique, qui a fait l’objet de recommandations récentes est largement  pris en compte, même si des éléments simples de surveillance ne sont pas mis en place (IMC, périmètre abdominal).

Les consommations de tabac, de cannabis ou d’alcool sont peu prises en compte. .

Dans le domaine des cancers, les équipes de santé mentale ne se sentent pas impliquées, la majorité des dossiers ignorant cet aspect de la prévention.

Conclusion

Il y a en 2010 une prise en compte importante de la santé somatique des personnes souffrant de troubles mentaux par les équipes de santé mentale. Il convint d’explorer plus avant d’autres hypothèses pour expliciter la perte importante d’espérance de vie des patients souffrant de schizophrénie.