Taux de recours aux anxiolytiques en Hauts-de-France en 2018

13,6% de la population régionale traitée par anxiolytique

Les anxiolytiques sont des molécules ayant une action directe sur le système nerveux central, comprenant les benzodiazépines - classe médicamenteuse à visée anxiolytique la plus utilisée - mais aussi d’autres molécules (des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), des bêta-bloquants, buspirone, hydroxyzine, étifoxine et captodiame) (1). Commercialisées depuis les années 60, ces molécules sont utilisées dans le traitement de l’anxiété, de l’angoisse et du stress et représentent en 2018 la classe de médicaments psychotropes les plus utilisée en France. 

  • Méthodologie 

Les données de l’assurance-maladie sur les remboursements de médicaments psychotropes au cours de l’année 2018 ont été exploitées pour calculer les taux standardisés de recours par territoire de proximité dans les Hauts-de-France. 

Il s'agit du taux de personnes pour qui une délivrance d'anxiolytique a été enregistrée dans les bases de remboursement des caisses d'assurance-maladie, standardisé par âge et sexe selon la structure de la population des Hauts-de-France (en 2014). La standardisation vise à rendre comparables des territoires, qui ont des structures d'âge et de sexe différentes. La méthode employée ici est celle de standardisation directe.

Les molécules ont été sélectionnées selon leur code anatomique, thérapeutique et chimique (classification ATC). Les anxiolytiques (codes ATC N05B) considérés sont les suivants : N05BA01 (Diazépam), N05BA02 (Chlordiazépoxide), N05BA03 (Médazépam), N05BA04 (Oxazépam), N05BA05 (Clorazépate de potassium), N05BA06 (Lorazépam), N05BA07 (Adinazolam), N05BA08 (Bromazépam), N05BA09 (Clobazam), N05BA10 (Kétazolam), N05BA11 (Prazépam), N05BA12 (Alprazolam), N05BA13 (Halazépam), N05BA14 (Pinazépam), N05BA15 (Camazépam), N05BA16 (Nordazépam), N05BA17 (Fludiazépam), N05BA18 (Éthyl loflazépate), N05BA19 (Étizolam), N05BA21 (Clotiazépam), N05BA22 (Cloxazolam), N05BA23 (Tofisopam), N05BA56 (Lorazépam, associations), N05BB01 (Hydroxyzine), N05BB02 (Captodiame), N05BC01 (Méprobamate), N05BC51 (Méprobamate, associations), N05BE01 (Buspirone) et N05BX03 (Étifoxine).

  • Résultats 

Au niveau régional, en 2018, le taux de recours aux anxiolytiques s’élève à 13,6%. Les femmes ont une consommation plus élevée que les hommes (16,9% versus 10,1%) et le recours augmente régulièrement avec l’âge, quel que soit le sexe. Les molécules les plus utilisées sont, dans l’ordre, l’alprazolam (Xanax®), l’oxazépam (Séresta®), le lorazépam (Témesta®), le bromazépam (Lexomil®) et l’hydroxyzine (Atarax®).

Au niveau infrarégional, les départements de la Somme (15,4%) et du Pas-de-Calais (14,0%) enregistrent les plus forts taux de recours à cette classe de médicaments, alors que dans le sud de la région la consommation d’anxiolytiques est moins élevée. Les territoires de proximité enregistrant le plus de recours sont le Cambrésis (15,7%), Montdidier (15,6%) le Valenciennois (15,5%), Amiens (15,5%) et Saint-Quentin (15,3%). A l’inverse, les territoires de Château-Thierry (10,7%), Senlis (11,4%), Clermont (12,3%), Soissons (12,3%), dans le sud de la région, et le Dunkerquois (11,5%) et Lille (12,3%) enregistrent les plus faibles taux de recours. 

Capture drecran 2020-11-03 a 16.54.06Visualiser la carte

  • Cette carte est accessible sur CartoPsy®

Lien vers Cartopsy

D’autres niveaux géographiques (départements, territoires …) et classes de molécules peuvent également être sélectionnés.

  • Discussion

Un habitant des Hauts-de-France sur sept est traité par anxiolytique, soit un niveau de recours très élevé. Celui-ci l’est plus encore chez les femmes et les personnes âgées. De fortes variations infrarégionales sont à souligner, qui peuvent être liées aux pratiques différentielles de prescription.