Évolution de l’activité ambulatoire des services de psychiatrie - 2015 à 2020

Mode#le-cartouche-A-la-Une-Psy-breves-11Évolution de l’activité ambulatoire des services de psychiatrie

Entre 2008 et 2020, un nombre d’actes ambulatoire qui ne cesse de croître en psychiatrie adulte, mais qui diminue en psychiatrie infantojuvénile depuis 2015

Depuis les années 1980, le virage ambulatoire en psychiatrie a amené la fermeture de lits d’hospitalisation et le développement d’activités thérapeutiques alternatives.

Matériel et méthode

Chaque année, les hôpitaux et cliniques renseignent la Statistique annuelle des établissements de santé (SAE)[1], qui comprend un volet psychiatrie. Le nombre annuel d’actes ambulatoires réalisé par les établissements autorisés en psychiatrie dans les Hauts-de-France, générale et infantojuvénile, a été relevé pour les années 2008 (N=41) à 2020 (N=50). Les actes ambulatoires peuvent se dérouler en Centre médico-psychologique (CMP), à domicile, dans des services de soins (urgences, médecine ...) ou d’hébergement.

Résultats

Entre 2008 et 2020, le nombre d’actes ambulatoires s’accroît, de 24,7% en psychiatrie générale, de 14,7% en psychiatrie infantojuvénile. Cependant, alors que la hausse est continue chez les adultes, elle prend fin en 2015 chez les enfants et adolescents ; depuis cette année, l’activité ambulatoire des services de psychiatrie infantojuvénile diminue (-16,1% entre 2015 et 2020).

Figure. Actes ambulatoires des services de psychiatrie, générale et infantojuvénile. Hauts-de-France. 2008-2020

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Source : Drees, SAE - Traitement : F2RSM Psy

Discussion

La hausse de l’activité ambulatoire en psychiatrie adulte durant les années 2008 à 2020 est régulière ; elle est liée à la hausse de la demande à la création de nouveaux établissements (7 cliniques privées et 2 Établissements privés de santé d’intérêt collectif ayant une activité de psychiatrie ouvrent durant la période dans les Hauts-de-France) (Thève et al., 2019), à la réorganisation des services (réaffectation de personnel qui travaillait en service d’hospitalisation à des suivis ambulatoires).

En psychiatrie infantojuvénile, à la hausse de l’activité ambulatoire observée entre 2008 et 2015, succède une baisse dans les années suivantes. Dans un contexte de hausse de la demande, cette dernière peut trouver son origine dans la diminution des ressources humaines : entre 2015 et 2020, dans les Hauts-de-France, les services de psychiatrie infantojuvénile perdent 21,4% de leurs effectifs médicaux et 10,1% de leurs effectifs non médicaux, selon la SAE ; dans de nombreux cas, des postes existants sont non pourvus (F2RSM Psy, 2022). La baisse d’activité peut expliquer l’allongement des délais de rendez-vous en CMP (Cani, 2014; Ynesta & Danguin, 2015) et, plus généralement la saturation de ce pan de la psychiatrie.

Références bibliographiques

 

Tableau 1. Équivalents temps plein, médicaux et non médicaux, des services de psychiatrie, adulte et infantojuvénile. Hauts-de-France. 2015 et 2020.

 

Psy adulte

 

Psy IJ

 

ETP

médical

non médical

médical

non médical

2015

555,55

7733

159

1792

2020

502,82

7284

125

1611

Évolution

-9,5%

-5,8%

-21,4%

-10,1%


[1] Données en accès libre sur le site https://www.sae-diffusion.sante.gouv.fr/sae-diffusion/recherche.htm

 

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