Une étude nationale inédite sur la santé mentale en maison d’arrêt

La F2RSM Psy (Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie et Santé Mentale Hauts-de-France) annonce la diffusion publique du rapport du volet quantitatif de l’étude EPSYLON – Épidémiologie Psychiatrique Longitudinale en prison, deuxième partie d’une recherche nationale d’ampleur consacrée à la santé mentale des personnes détenues en maison d’arrêt.

Financée par la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), cette étude a fait l’objet d’une présentation officielle le 16 janvier 2026 à Paris. Elle constitue aujourd’hui une référence scientifique majeure pour comprendre l’évolution de la santé mentale en détention et éclairer l’action publique.

Une approche longitudinale inédite en France

Portée par la F2RSM Psy et coordonnée par le Dr Thomas Fovet, l’étude EPSYLON est la première étude française à adopter une perspective longitudinale en milieu carcéral. Elle repose sur le suivi d’une cohorte de 951 personnes incarcérées en maison d’arrêt, évaluées sur le plan de la santé mentale à l’entrée en détention, puis à 3 et 9 mois d’incarcération.

Après la publication du volet qualitatif, centré sur l’expérience vécue de la détention, ce volet quantitatif vient apporter des données épidémiologiques, permettant d’objectiver les évolutions, les vulnérabilités et les trajectoires individuelles au cours des premiers mois d’incarcération.

Epsylon_synthese_volet_quantitatifDes enseignements majeurs sur la santé mentale en détention

Les résultats de l’étude mettent en évidence plusieurs constats structurants :

  • une vulnérabilité psychiatrique majeure dès l’entrée en prison, avec près de 7 personnes sur 10 présentant un trouble psychiatrique et/ou un trouble de l’usage de substances au cours de la vie ;

  • un risque suicidaire particulièrement élevé à l’arrivée en détention, qui diminue ensuite mais demeure à un niveau préoccupant ;

  • une apparente stabilité des troubles psychiatriques dans le temps, qui masque en réalité des trajectoires individuelles très contrastées ;

  • le rôle central de facteurs environnementaux, notamment l’exposition aux violences, le sentiment d’isolement et les conditions de vie en détention ;

  • des difficultés persistantes d’accès aux soins, aux activités et aux dispositifs d’accompagnement, ainsi que des vulnérabilités spécifiques chez les femmes incarcérées.

L’étude comprend également un volet socio-démographique particulièrement riche, consacré aux trajectoires biographiques, aux parcours institutionnels et aux conditions de vie en détention, offrant un éclairage inédit sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé mentale en prison.

Un outil au service des politiques publiques et des pratiques professionnelles

Au-delà du constat, le rapport formule plusieurs recommandations opérationnelles en matière de :

  • prévention et repérage précoce des troubles psychiatriques ;

  • prévention du suicide ;

  • continuité et accès aux soins ;

  • lutte contre l’isolement et les violences ;

  • amélioration des conditions de détention.

À ce titre, les résultats de l’étude EPSYLON constituent un outil d’aide à la décision pour les acteurs sanitaires, pénitentiaires et judiciaires, et contribuent à alimenter le débat public sur la santé mentale en milieu carcéral.

Une recherche inscrite dans la continuité des travaux de la F2RSM Psy

L’étude EPSYLON s’inscrit dans la continuité des recherches portées par la F2RSM Psy sur la santé mentale en prison, parmi lesquelles :

Consulter les rapports EPSYLON

Les résultats du volet quantitatif de l’étude EPSYLON sont consultables sur dans la rubrique "recherche" de ce site :

Lire les rapports